Aux portes de l'Amazone

Aux portes de l'Amazone

Destinations | Publié le 15 avril 2012

Très tôt ce matin, après trois jours de navigation (l’escale de Fortazela ayant été annulée pour mauvaises conditions météo), le Silver Spirit jette l’ancre dans la baie de Guajara. D’un côté du navire, une forêt urbaine maintenant coutumière, les gratte-ciel de Belém, cette fois-ci. Et de l’autre côté, une végétation dense, celle de l’Amazone, au travers de laquelle on entrevoit de vieilles habitations en bois et sur pilotis. Deux univers aux antipodes qui se font face…

La ville ou la jungle? J’ai longtemps hésité entre les deux excursions organisées par Silversea Cruises dans le cadre de notre dernière escale brésilienne à Belém. « Ce sera devil Hot à Boa », prévient l’une des responsables des excursions. Boa Vista do Acara island, c’est là que se rend un navire fluvial local après une heure de navigation sur une des dizaines de ramifications de l’Amazone.

J’ai finalement opté pour Belém, surnommée la cité des manguiers en raison de la profusion de cet arbre. Voilà une ville grouillante de vie, dont les rues sont bondées de bus publics et les trottoirs sont encombrés de petits commerces. L’excursion prévoyait des arrêts dans un musée de pierres précieuses et un musée d’art sacré, suivie de la visite d’une forteresse et d’un théâtre en cours de rénovation. Intéressant, mais rien à voir avec la vie locale, particulièrement celle autour du Ver-o-Peso Market, le marché aux poissons aménagé sur le front de mer et dans un édifice en fer forgé de couleur violette.

Surprise : la vieille ville est très sale – et même malodorante par moments. Nombre d’édifices sont certes tapissés de ces typiques tuiles en céramique et sont ornés de gracieux balcons en fer forgé, mais ils sont le plus souvent dans un état de délabrement avancé. Non loin du marché aux poissons fourmillent de frêles embarcations de pêche en bois, certaines en cale sèche sur fond de déchets! À l’ombre de l’immaculée Catedral Metropolitana de Belém, une femme fait rôtir des poulets directement sur le trottoir. Plus loin, dans un immense marché regorgeant d’objets et de produits locaux (vannerie, poteries, jus de piment, etc.), d’autres femmes s’activent dans des restaurants de fortune. Beaucoup doivent cumuler deux, voire trois emplois pour joindre les deux bouts, nous a dit notre guide locale en début d’excursion.

Quand, en fin d’après-midi, le Silver Spirit quitte Belém pour rejoindre l’océan Atlantique, puis les Caraïbes, notre croisière côtière et océanique devient fluviale durant quelques heures.

Huit jours en mer et quatre jours en sol brésilien, voilà un itinéraire qui ne peut étancher notre soif de découvertes terrestres. Mais qui a tout de même permis d’entrevoir la grande richesse culturelle, l’incroyable énergie sociale et la force économique croissante de ce pays désormais incontournable sur la scène internationale.

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